Être parent

Le syndrome de l’imposteur

Débutons par quelques statistiques. Dans les 6 dernières années, j’ai été enceinte pendant 3 ans. Donc, 3 années à voir mon corps prendre de l’expansion. Ça nous laisse donc 3 ans pour revenir à un corps « normal », comme avant. Mais ce n’est pas 3 ans en continu, ça serait beaucoup trop facile. Ma plus longue période sans être enceinte a été environ 18 mois. Sauf que quand j’allaite, je perds moins de poids. Mais je me suis tout de même approchée de mon poids réel, avec certains changements permanent (plus grande cage thoracique, plus de seins… Ça prend des avantages quand même 😉). Mais bref, vous vous doutez bien que ce n’est pas exactement de ça que je souhaite parler aujourd’hui.

Tous ces changements m’ont apporté un lot de frustration au niveau cosplay. Avec ce corps en perpétuel changement, comment trouver la motivation de faire un costume qui me plaît réellement? Pourquoi mettre du temps à confectionner un costume alors qu’il ne me refera peut-être même plus dans quelques mois? La frustration est bien là. Ce qui me rend anxieuse de m’investir dans un gros projet.

Ici, on ne parle même pas de la conciliation travail-famille-étude-cosplay. Parce que ça aussi ça joue beaucoup sur la capacité de faire un costume.

Mais voilà, le problème avec tout ça, c’est ce sentiment de ne plus rien faire de bon ou presque niveau cosplay depuis longtemps. Il n’y a que très peu de costume dont je suis fière dans ces dernières années. J’ai l’impression que tout ce que je fais est mauvais. En plus j’ai l’impression d’avoir l’air d’une patate en costume. Oui je sais, le cosplay est pour tout le monde, le but est de s’amuser, mais si mon costume ne me rend pas fière, bien je ne m’amuse pas. C’est quelque chose de personnel, je sais.

Le syndrome de l’imposteur, c’est un syndrome insidieux. Il s’installe subtilement. Le premier symptôme est justement, de ne plus être fier de ses costumes. Cela apporte l’inconfort social lors des conventions. Inconfort parce que c’est gênant de parler au monde que tu connais alors qu’ils ont tellement des beaux costumes et que toi, tu ne te sens pas de niveau. Ça engendre une espèce de sentiment de honte face à ce que tu fais.

Et viens ce moment où tu te questionne à savoir si tu vas à la convention en civil à la place. Mais tu sais que tu n’auras pas de plaisir. OK tu n’auras pas la honte d’un costume laid, mais tu auras le sentiment de ne pas t’avoir accompli non plus.

Je me suis rendue compte que j’étais atteinte de ce mal à Otakuthon cette année. Je regardais les autres juges de la mascarade et je ne me sentais pas à ma place. Je ne voulais pas leur parler même si je les connais parce que j’avais honte d’être là. J’avais l’impression d’être invité parce que je suis un peu comme un vieux meuble mais que je ne devrais pas être là. Alors que dans les faits, je suis très à l’aise à juger une mascarade et j’ai l’expérience, je n’avais pas l’impression d’avoir ma place. Et ce n’est pas de la faute des autres, c’est moi-même qui a mis cette barrière.

Le remède contre cette maladie? Dans mon cas, je dirais probablement l’orgueil mal placé. J’espère que cet orgueil me fera surmonter mes impressions et me forcera à trouver la motivation à refaire des costumes de qualité à MON goût.

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